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Successions internationales : détermination de la loi applicable et conséquences civiles et fiscales

Publié le : 11/04/2026 11 avril avr. 04 2026

Vivre, exercer une activité professionnelle ou détenir des actifs hors de France est désormais fréquent. Lorsqu’un décès survient dans un contexte international, la détermination des règles applicables à la succession devient toutefois particulièrement délicate. La désignation de la loi compétente ne présente plus d’évidence et peut influer de manière décisive sur les droits des héritiers, la portée des dispositions testamentaires et les modalités du partage.

La détermination de la loi applicable à la succession internationale

Depuis le 17 août 2015, le Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012, consultable sur Legifrance (Règlement (UE) n° 650/2012), constitue le socle normatif des successions internationales au sein de l’Union européenne. Ce texte consacre le principe d’unité de la loi successorale. En règle générale, l’ensemble de la succession est soumis à une seule législation, celle de la résidence habituelle du défunt au jour de son décès. Cette résidence s’apprécie in concreto, à partir d’un faisceau d’indices tenant notamment au centre des intérêts de la personne, à ses attaches familiales et économiques ainsi qu’à la durée et aux conditions de sa présence dans l’État concerné. Des aménagements sont néanmoins prévus. Une autre loi peut être retenue si le défunt présentait avec un État des liens manifestement plus étroits. Par ailleurs, le règlement autorise une professio juris permettant de choisir la loi de sa nationalité, faculté qui constitue un instrument de planification patrimoniale.

Les incidences civiles et fiscales de la loi désignée

L’identification de la loi applicable conditionne directement les opérations de liquidation. Elle détermine la qualité des héritiers, l’existence éventuelle d’une réserve héréditaire, l’étendue des droits du conjoint survivant et la validité des dispositions testamentaires. La complexité s’accroît en présence d’États tiers, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni ou le Maroc, dont les règles de conflit de lois et les mécanismes de renvoi peuvent modifier l’analyse. En outre, la loi civile gouvernant la succession ne préjuge pas du traitement fiscal. Une succession soumise à une loi étrangère peut demeurer imposable en France, notamment lorsque des biens y sont situés ou que des héritiers y sont fiscalement domiciliés. Dans ce cadre, la détermination anticipée de la loi applicable et l’évaluation de ses effets constituent un enjeu central afin de sécuriser la transmission et d’en maîtriser les conséquences civiles et fiscales.

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